Se jeter à l'eau !
« Bon, assez réfléchi, il faut se jeter à l’eau maintenant ! » C’est ce que m’a gentiment (mais fermement) conseillé une amie hier alors que je lui faisais part des avancées de mon bilan de compétences.
Petite montée de stress… tant il est vrai que la réflexion est sécurisante, voire confortable pour une cérébrale et une introvertie comme moi. Au-delà de mon tempérament, tout me prédispose à apprécier ces phases d’investigation et de recherche : mon éducation, mon parcours scolaire, mes études, mon expérience professionnelle. Ces moments de réflexion sont pour moi synonymes de découvertes et d’apprentissages, mais également de créativité. Envisager tous les possibles, analyser conceptuellement plusieurs scénarii permet en effet de se bercer dans l’illusion de ne fermer aucune porte, de rester cantonné dans la phase amont qui n’impose pas de faire des choix.
A l’inverse, se mettre dans l’action (sans pour autant foncer tête baissée bien sûr !) revient à sortir de sa zone de confort, à poser des choix et donc à effectuer des renoncements, ne serait-ce que temporaires pour commencer à « avancer en marchant » pour reprendre un adage courant. C’est donc prendre le risque du déséquilibre, voire de la chute potentiellement douloureuse.
NZMais au-delà de ce risque de déstabilisation, se jeter à l’eau revient également pour moi à se dévoiler et se mettre à nu. C’est oser se dé-marquer, au sens propre du terme, c’est-à-dire prendre ses distances et faire un pas hors de la ligne du terrain de jeu auquel la société nous invite à nous conformer habituellement. C’est finalement affirmer sa voix, pas dans un esprit contestataire ou transgressif, mais par loyauté envers celui ou celle qu’on est vraiment. Et s’exposer finalement au regard (et donc au jugement potentiel) des autres.